J'ai vu votre reportage sur Les parents d'enfant différent sur france 2 via youtube en cherchant des informations pour comprendre un peu tous les handicaps que j'ai et malheureusement je peine à trouver des témoignages d'adultes dyspraxiques, je voudrais savoir si vous en avez déjà rencontré ?
Je vous résume vite fait mon parcours médical :
Mes parents m'ont toujours dit que quand j'étais petite, j'ai commencé à parler tardivement, j'avais du mal à faire mes lacets, j'avais du mal à me faire des amis, j'étais souvent avec les enseignants car les autres élèves me rejetaient ! Quand je faisais du vélo j'avais du mal à tourner le guidon (du à la Dyspraxie).
Une amie de ma mère avait un fils dyslexique, elle avait envoyé son fils voir une phoniatre, qui était très compétente c'était une des seules en Indre-et-Loire et très renommée ! Mes parents ont donc été voir cette dame et elle m'a diagnostiquée dyspraxique !
Ceux sont alors enchaîné les demandes d'aménagement... un de mes enseignants de CM1 avait fait des recherches et avait cru entrevoir que j'avais une dysphasie également !
En CM2 je suis rentrée dans une nouvelle école, j'ai commencé à avoir des amis mais il y avait toujours des élèves qui se moquaient de moi du fait de la lenteur ! Les enseignants avaient du mal à comprendre mon handicap, car malheureusement à l'époque mon handicap n'était pas très connue de l'éducation nationale !
A cause de cette lenteur j'ai du redoubler mon CM2 à cause du retard que j'avais, du fait de ma dysgraphie !
En 6ème mes parents on préférés me mettre dans un collège où on ne changé pas trop souvent de classe, car avec l'organisation et la lenteur ça n'aurait fait qu'empirer les choses !
évidement le rythme de l'écriture s'est accéléré, ma prof de SVT à qui je dois beaucoup, avait lors d'une rencontre parents-professeurs discuté avec mes parents de mes difficultés de lenteur à la compréhension, à la lecture et à l'écriture ! Elle leur à alors parlé de ce fameux miracle qui s'appelle le PPS (Projet Personalisé de Scolarisation) !
Mes parents très impliqués dans l'histoire et en particulier ma mère s'est beaucoup battue ! Ainsi en 5ème, j'ai été reconnue handicapée à la MDPH, après de nombreux papiers à remplir pour mes parents ! A alors commencé le combat avec les profs, expliquer aux profs mes difficultés, leurs faire comprendre qu'il fallait être un peu moins sévère que pour les autres pour certaines choses...
Mais les profs font comme ils veulent, des fois le tiers temps, mais quand ils jugent qu'il n'y a pas besoin alors que si, bah c'est la chute ! Le plus dur pour moi c'était les maths, le français et la SVT (du fait des noms d'organes à positionner sur un schéma ou alors faire une dessin ! Je me rappelle de ce que m'avait mis ma prof en commentaire (trop brouillon, soyez plus soigneuse))
en 4ème j'ai commencé à aimé les maths grâce à une prof formidable qui avait compris mes difficultés et donc qui m'aidait énormément !
en 3ème, le brevet des collèges, avec évidement tiers-temps, mais toujours autant de peine à écrire vite et lisiblement ! J'ai quand même mon brevet mention Bien donc, très fière de moi, malgré des difficultés ! Comme quoi à force d'acharnement on peut arriver à quelque chose !
en seconde là encore le rythme s'accélère, j'ai de plus en plus de mal à prendre les cours, mes parents contactent une maman d'enfant dyspraxique sur un blog, il prennent l'adresse d'une ergothérapeute !
mes parents font donc la démarche au près de la mdph pour recevoir un peu plus d'argent pour financer les séances d'ergo !
L'ergothérapeute me fait passer des tests d'écriture ! et elle se rend vite compte que ma difficulté résidait surtout sur l'écrit ! J'ai donc testé avec l'ordinateur, je ne savais pas taper en dactylo mais le résultat ceux sont avérés nettement meilleurs ! j'étais beaucoup plus rapide ! L'ergothérapeute m'a donc initié à la dactylo ! Elle m'a ensuite fait faire un test de balayage dans l'espace et m'a orienté chez une orthoptiste spécialisée dans le dyspraxie, elle m'a également envoyé chez une orthophoniste qui m'a alors détecté la dyslexie et la dysorthographie lexicale, ce qui m'a permis de faire des efforts au niveau de l'articulation et de l'organisation de mes idées qu'il fallait travailler pour le français puis la philo en terminale !
J'ai donc grâce à prof de seconde qui m'a passé un ordinateur à elle commencé à prendre les cours à l'ordinateur ! J'avais donc moins de fatigue !
A la fin de ma seconde, s'est posée la question de l'orientation, je voulais faire une 1èreSSI, car j'avais une très bonne moyenne en ISI (Initiation aux Sciences de l'Ingénieur) en seconde, mais j'avais également une bonne moyenne en SVT. C'est alors que la 1èreSSI m'a été refusé du fait que je ne savais pas soit disant m'intégrer à un groupe et que donc je les aurez retardés !
Je suis donc passée en 1èreSSVT, et là tout à basculé ! chute libre des notes en SVT à cause de la complexité du vocabulaire (du à ma dyslexie et à ma dysorthographie lexicale), mauvaises notes également en physique (car dosages en chimie, donc mauvaise précision du à la dyspraxie, donc aux gestes minutieux à faire et ça la dyspraxie ne pardonne pas là dessus). L'ordinateur prêté par l'éducation nationale m'a été donnée qu'à partir de avril de ma première donc voilà ! Ma prof principale et l'équipe scolaire nous à expliqué qu'il y avait un problème et que je ne pourrais pas continuer en SSVT du fait de mes difficultés trop importantes.
J'ai ainsi découvert grâce à mon handicap qu'il existait des gens qui travaillait pour les handicapés et qui s'occupés des ordinateurs ! Et j'ai trouvé ce métier très intéressant ! J'avais déjà un peu découvert l'informatique avec l'ISI en seconde et j'adorais ça !
j'ai donc été visité en 1ère et oui le BTS IRIS, et là on m'a dit si tu veux faire ça, il faut que tu fasses, un bac STI électronique !
Je redouble donc en 1ère STI. au début je devais aller à Grandmont à Tours mais ma candidature a été d'abord refusée parce que soit disant qu'il y avait trop de monde dans la section, puis l'infirmière nous appelle pour nous dire qu'en fait j'étais refusée car j'étais dyspraxique ! (faut pas exagéré quand même c'est un peu beaucoup de la discrimination à mon goût) du coup, mes parents et moi-même complètement désespérés nous avons été chercher dans le privé ! et là oh miracle, j'ai été prise dans une classe de STI électronique de 10 élèves (en plus :)), j'étais la seule fille ce qui était beaucoup plus agréable pour moi car aucune moquerie de leur part ! C'est vraiment dans cette école que j'ai finit par enfin me faire des vrais amis !
grâce à cette institution privée, j'ai appris à aller vers les autres, à discuter avec les autres (car je suis quelqu'un qui a peur du regard des autres) ! Et dans cette institution, j'ai rencontré d'autres dyspraxiques et c'est ça qui est vraiment génial parce que dans ces cas là on ne se sent plus seul ! Et on essaye de comparer nos expériences en tant que dyspraxique, de trouver des solutions !
Pour en revenir au PPS, puisque c'était le sujet à la base, j'ai pu bénéficier de l'ordinateur pour le Français et l'anglais, les maths, la physique, la mécanique et l'électronique étant des matières avec des chiffres et nécessitant une mise en page spéciale, elle ne pouvaient se faire à l'ordinateur. J'ai passé les oraux d'allemand, d'histoire et de français qui étaient bien évidement mes meilleurs notes (allemand : 16, histoire : 12 et français : 16) !
Après mon bac STI électronique que j'ai eut de justesse à cause de la dysgraphie (les correcteurs ayants du mal à me relire sur certaines copies), j'ai été en BTS IRIS (Informatique et Réseau pour l'Industrie et les Services techniques), à Vierzon ! Dans ce lycée, j'ai commencé à me faire pleins d'amis et ça faisait un an que j'avais appris à faire de la guitare toute seule (et oui étonnant pour un dyspraxique, mais j'y suis arrivée parce que j'avais la volonté et que j'ai été patiente...) donc du coup comme j'avais envie de faire quelque chose pour le lycée j'ai été secrétaire pendant 2 ans de la MDL de mon lycée (Maison des Lycéens). j'ai pu apporté mon aide à la rédaction des rapports de réunions "grâce à ce que j'ai appris en dactylo" (j'utilise mes faiblesses pour en faire une force) et ainsi ma dyspraxie passait un peu mieux !
mais malheureusement à force que les gens me voient ils se sont rendus compte que j'avais quelque chose de "pas normal" c'est ainsi que certains m'ont lâché car ils avaient peur de la différence (le gros problème des handicaps invisible, comme j'ai souvent entendue parler dans des reportages sur les dys !) Les gens qui ne m'ont pas laissé tomber on essayé de comprendre ce que je subissait au quotidien à cause de tous ces handicaps ! les deux plus compliqués à comprendre pour les gens sont la dyspraxie et le la dysphasie ! Quand les gens nous aide ça nous aide à avoir un peu plus confiance en nous car ces personnes nous encourage et nous dit qu'il ne faut pas baisser les bras et ils ont raison !
Ma première année de BTS s'est très bien passé j'avais une équipe de prof génial qui a tout de suite fait le nécessaire pour mettre en place des aménagements, tester pédagogiquement des choses et les garçons de ma classe étaient très compréhensifs et m'ont beaucoup aider à surmonter le fait d'avoir des difficultés pour aller vite !
La deuxième année, un de mes profs d'informatique ne comprenait pas pourquoi je ne réussissait pas dans sa matière alors qu'avec l'autre prof j'avais 18 de moyenne ! Le problème venait de l'écriture et du temps de lecture trop court qu'il me donnait car il ne se préocupé pas forcément de mes difficultés du à ma dyspraxie ! et malgré toutes mes mauvaises notes dans sa matière j'ai eut 12,50 de moyenne en informatique au BTS, ce qui n'est pas négligeable ! J'ai donc passé au mois mai-juin cette année mon BTS et j'ai eut 12,08 de moyenne au BTS ! Comme quoi ce n'est pas parce qu'on est dyspraxique qu'on est pas intelligent !
Je vise donc maintenant une grande école d'ingénieur privée d'informatique SUPINFO, j'y rentre en octobre prochain !
Mes parents et moi-mêmes nous nous inquiétons qu'en à mon avenir du fait que j'ai du mal à être autonome ! C'est pour ça que je vous demande si vous avez déjà rencontré des dyspraxiques plus âgés que moi dans la vie active ! Savoir s'il existe des solutions envisageables pour l'emploie, comment sont reconnues les dyspraxiques sur le marché du travail et surtout il y a-t-il des aménagement possible pour palier au manque d'autonomie et pouvoir avoir réussir un jour à être tout seul dans une maison !
En tous cas, je voulais vous remercier pour ces reportages magnifiques qui reflètent bien la vie et le combat des parents d'enfant différents et des enfants différents également ! Je fais la même chose que vous de mon côté, j'ai récemment rencontrée une petite fille dyspraxique elle va en 5ème et du coup comme ma phoniatre étant partie à la retraite elle m'a donné tout ce qu'elle avait sur les dys que j'ai en gros une bible sur les dys ! J'ai donc plus parler avec elle et échanger quelques idées et ça lui a fait du bien de voir qu'elle n'était pas seule et qu'elle pouvait être comprise encore mieux par des gens qui vivent la même chose qu'elle que par ses parents ! ça à permit également à ses parents par mon intermédiaire de mieux comprendre leur enfant atteint d'un handicap qui est parfois lourd à supporter pour les parents !
Récemment j'ai discuté avec mon père de qu'est-ce qu'il a ressentie quand on lui a annoncé que j'avais une dyspraxie, il m'a avoué que c'est déstabilisant parce que l'enfant paraît normal et en fait présente des difficultés invisible physiquement et du coup bah l'enfant est traité de "gogole" ou autre mot du type car il a un comportement qui n'est "pas normal pour son âge" (ex : des fois j'ai un comportement d'enfant de 5 ans, s'assoir par terre comme un bébé, se moucher comme un petit enfant, manger salement, c'est pleins de choses que les gens ont du mal à accepter car dans leur tête c'est "non faut pas que je reste avec cette personne là sinon je vais me faire foutre de ma gueule et je n'aurais plus d'amis"). C'est un éternel combat pour nous handicapé de se battre pour avoir les mêmes droit que les personnes normales !
Sur ceux, désolé pour ce roman, mais je pense qu'il vaut le coup d'être lu, ça me plairait beaucoup de pouvoir vous rencontrer peut être pour pouvoir témoigner en tant que porteuse de dys et surtout montrer aux gens le combat qu'une personne portant un handicap invisible peut mener pour se faire accepter tel qu'il est et croyez moi et ça je sais que vous le savez ce n'est pas facile tous les jours !
En l'attente d'une réponse de votre part, je vous prie de bien vouloir accepter mes sincères salutations !
Cordialement Aurélie Renard !